Accueil > français > #RESISTI > Éditorial
"Un parlement tunisien !", c’était le slogan scandé par les manifestants qui avaient massivement investi les rues de Tunis le 9 avril 1938. Ils ont été sauvagement réprimés par l’occupation française. Le bilan de ces évènements s’élevait à des dizaines de martyrs et de blessés, ainsi que des milliers d’arrestations.
Alors que nous célébrons le 85ème anniversaire de cette journée historique, cette revendication a une résonance particulière, 67 ans après la fin de l’occupation directe et 12 ans après la révolution.
La constitution de Kaïs Saïed a dépouillé le parlement de toute aptitude à exprimer la souveraineté populaire ou à exercer le moindre pouvoir.
Kaïs Saïed a également taillé à sa mesure les conditions pour désigner un parlement entièrement soumis à ses ordres.
Une situation bien limpide au regard d’une majorité écrasante du peuple tunisien qui a boycotté la mascarade électorale pour la constitution du parlement. Par son abstention massive il réfutait résolument toute légitimité à cette institution fantoche.
La situation est d’autant plus claire que les faits rappellent jour après jour que le pays sombre dans la dictature et le pouvoir personnel. Les libertés, arrachées au prix du sang des martyrs de la révolution, ne cessent de régresser. Les procès politiques et d’opinion sont de retour et le palais de Carthage étend sa mainmise sur les médias et la la justice.
"Un parlement tunisien !", une revendication fondamentale aujourd’hui. Il est en effet crucial de lutter pour l’établissement d’une représentation qui consacre la souveraineté populaire et éradique le pouvoir personnel absolu et l’arbitraire.
Cette souveraineté doit s’exprimer à travers toutes ses dimensions : des élections libres, des institutions élues dotées de pouvoirs sous contrôle populaire et l’implication directe des masses dans les affaires publiques.
Parti des Travailleurs (Tunisie) - section France
Éditorial